Dispositif Jeanbrun 2026 : tout savoir pour investir en location nue

Le dispositif fiscal Relance logement, aussi appelé Jeanbrun, du nom de l’actuel ministre du Logement Vincent Jeanbrun instauré par la loi de finances 2026, marque une évolution importante de la fiscalité immobilière. Il vise à encourager l’investissement locatif longue durée, dans un contexte de pénurie de logements.

Depuis la loi de finances pour 2026, le dispositif Jeanbrin remplace le dispositif Pinel, avec une approche fiscale profondément différente. Là où Pinel offrait une réduction d’impôt forfaitaire, Jeanbrin repose sur un amortissement fiscal déductible des revenus fonciers. L’objectif affiché du législateur est de relancer l’investissement locatif sur l’ensemble du territoire français et de produire des logements destinés à la location nue, tout en offrant une fiscalité plus lisible et potentiellement plus avantageuse.

Le dispositif Jeanbrin permet à un investisseur de déduire chaque année un pourcentage de la valeur du bien (hors terrain) de ses revenus fonciers. Cette déduction, appelée amortissement fiscal, s’applique sur 80 % du prix d’acquisition et se déduit des revenus fonciers réels.  Le principe est proche de ce qui existe déjà en location meublée (type LMNP), mais appliqué à la location nue.

Contrairement au Pinel, limité dans le temps et en réduction d’impôt, Jeanbrin génère un déficit foncier imputable sur le revenu global, jusqu’à un certain plafond annuel, ce qui peut réduire significativement l’imposition sur les revenus fonciers.

Pour bénéficier de Jeanbrun, plusieurs critères doivent être respectés :

  • Type de bien : appartements neufs ou anciens réhabilités avec travaux importants. Dans l’ancien, les travaux doivent représenter au moins 30 % du prix d’acquisition et permettre d’atteindre un DPE A ou B après travaux.
  • Mode de location : uniquement nu, destiné à la résidence principale du locataire.
  • Durée d’engagement : 9 ans minimum de location conforme.
  • Nombre de logements par foyer : généralement 2 logements maximum par foyer fiscal.

Plafonds de loyers

Des plafonds de loyers doivent être respectés. Ces plafonds reprennent les grandes lignes du système Loc’Avantages avec des décotes par rapport au loyer de marché :

Catégorie de loyer Décote du loyer de marché
Intermédiaire –15 %
Social –30 %
Très social –45 %

Les loyers maximaux mensuels sont ensuite calculés selon la zone géographique (A bis, A, B1, B2 et C), la surface utile (surface habitable + une partie des annexes), et un coefficient correcteur tenant compte de la taille du logement. Cela permet d’adapter les loyers à la réalité du marché local et de garantir l’accessibilité des logements aux locataires ciblés.

Zone Loyer intermédiaire
A bis 19,7 €/m²
A 14,6 €/m²
B1 11,8 €/m²
B2/C 10,3 €/m²

Chaque niveau de loyer (intermédiaire, social, très social) correspond à un taux d’amortissement différent : plus le loyer est bas, plus l’avantage fiscal est élevé (le taux de l’amortissement).

Plafonds de ressources pour les locataires

Outre les plafonds de loyers, le dispositif impose des plafonds de ressources pour les locataires, qui varient en fonction de la composition du foyer et de la zone. Ces plafonds visent à orienter l’offre locative vers des ménages dont les revenus ne dépassent pas certains seuils, notamment pour les niveaux social et très social.

Contrairement au dispositif Pinel, qui était limité à certaines zones très tendues (zones A, A bis et B1), Jeanbrin s’applique à l’ensemble du territoire français, métropole et outre-mer. Cela signifie qu’un investissement locatif respectant les conditions peut bénéficier du dispositif, que le bien soit situé en centre urbain ou dans des zones plus rurales.

Le dispositif Jeanbrin marque une évolution significative de la fiscalité immobilière locative en France. Il repose sur une logique d’amortissement plutôt que de réduction d’impôt, avec l’objectif de favoriser une location nue accessible et de soutenir la construction et la réhabilitation de logements. L’absence de zonage restrictif, la déduction des amortissements des revenus fonciers et l’imputation possible de déficits sur le revenu global constituent des points majeurs qui distinguent ce dispositif de son prédécesseur Pinel.

Notre conseil : avant d’investir, faites étudier votre situation pour vérifier si ce dispositif correspond à vos objectifs patrimoniaux et fiscaux.

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